Espèces (Aviaires) :Oie naine (Anser erythropus)
Journal:Écologie et évolution
Abstrait:
L’Oie naine (Anser erythropus), la plus petite des oies grises, est classée comme vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN et protégée dans tous les pays où elle est présente. On compte trois populations, la population orientale, partagée entre la Russie et la Chine, étant la moins étudiée. L’éloignement extrême des enclaves de reproduction les rend en grande partie inaccessibles aux chercheurs. En guise de palliatif, le suivi à distance des oiseaux depuis leurs quartiers d’hiver permet d’explorer leur aire de répartition estivale. Pendant trois ans, grâce à des dispositifs de suivi GPS de haute précision, onze individus d’A. erythropus ont été suivis depuis leur principal site d’hivernage en Chine jusqu’à leurs sites d’estivage et de halte migratoire dans le nord-est de la Russie. Les données obtenues grâce à ce suivi, complétées par des relevés de terrain et des données bibliographiques, ont permis de modéliser la distribution estivale d’A. erythropus. Si les publications antérieures décrivent une aire de répartition estivale fragmentée, le modèle suggère la possibilité d’une aire de répartition estivale continue, bien que les observations réalisées à ce jour ne permettent pas de confirmer la présence d’A. erythropus sur l’ensemble de l’aire modélisée. Les habitats les plus favorables se situent le long des côtes de la mer de Laptev, principalement dans le delta de la Léna, dans la plaine de Iana-Kolyma, et dans les plaines plus petites de Tchoukotka, avec d'étroites zones riveraines en amont des grands fleuves comme la Léna, l'Indigirka et la Kolyma. La probabilité de présence d'A. erythropus est liée aux zones d'altitude inférieure à 500 m, riches en zones humides, notamment en habitats riverains, et à un climat où les précipitations du trimestre le plus chaud avoisinent les 55 mm et la température moyenne est d'environ 14 °C de juin à août. Les perturbations anthropiques affectent également la qualité des sites, avec une diminution progressive de la présence de l'espèce à partir d'environ 160 km des agglomérations. Le suivi à distance des espèces animales peut combler le manque de connaissances nécessaire à une estimation fiable de la répartition des espèces dans les zones reculées. Une meilleure connaissance de la répartition des espèces est essentielle pour comprendre les conséquences écologiques à grande échelle des changements globaux rapides et pour élaborer des stratégies de gestion de la conservation.
PUBLICATION DISPONIBLE À L'ADRESSE SUIVANTE :
https://doi.org/10.1002/ece3.7310

